sbalarot (Valdeblore) – belarot (Saint-Sauveur) –
belaroto (Saint-Etienne) –
bugne du mélèze (Saint-Martin de Vésubie) – boléro (Venanson)
antiviral – anti cancer
Localisation : sur les mélèzes, les souches… très rare, “presque” disparu en Europe. Ce parasite de blessure peut vivre de 60 à 70 ans et atteindre le poids de 10 kg.
Récolte : toute l’année.
Tradition : fabrication du fernet branca !!! décoction. alcoolature.
médecine : antiviral et antibactérien et d’autres vertues !!
A l’instigation des Arabes, les médecins considérèrent longtemps l’Agaric officinal uniquement comme un cholagogue et un phlegmagogue propre à chasser les humeurs peccantes et surabondantes, à combattre, suivant l’expression de Thibault LESPLEIGNEY, « pluralité de maladie congrégée en l’humaine peau ». Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que furent reconnues ses propriétés antisudorales (LECLERC, 1966, p. 93).
Le bolet du mélèze (Agaricum officinale) est mentionné à plusieurs reprises dans le Vienna Codex, manuscrit médical de l’an 512.
DIOSCORIDE dans De medica recommandait l’ Agarikon pour traiter les fractures, la dysenterie, l’épilepsie, comme antidote des poisons, pour soulager des morsures de serpents, etc. (NICOT, 1971). Selon HARTWELL (op. cit.), le polypore officinal est mentionné dans divers Antidotarium du IXe et Xe siècle comme remède contre divers cancers. GALIEN en fait mention. On le retrouve dans la Farmacopea bergamosca qui date de 1580. L’agaric officinal entrait dans la composition de diverses antiques formules telles la teinture d’aloès composé ou Élixir de longue vie qui comporte 2,5 g par litre de poudre d’agaric et qui est un purgatif efficace. Ses vertus laxatives furent évoquées par le mycologue anglais PERSOON en 1801, qui le nomma Boletus purgans.
D’après CORDIER (op. cit.), les paysans suisses s’en servaient pour purger les vaches et les habitants du Piémont prenaient un petit morceau de ce polypore, avec addition d’un peu de poivre, quand ils avaient avalé quelque sangsue dont les eaux de leur pays abondent. Les habitants de Balen (Belgique) l’employaient réduit en poudre pour guérir les pustules et les furoncles de leur bétail.
L’agaric officinal a figuré dans bon nombre de Codex pharmaceutiques jusque vers les années 1950.
L’agaric officinal était surtout récolté dans les forêts de mélèze de Russie, puis exporté vers Hambourg (EMMONS, 1961) d’où il était distribué en Europe et aux États-Unis. Ses propriétés anti-sudorales ont été mises à profit au XVIIIe siècle pour lutter contre les sueurs nocturnes des phtisiques et tout récemment dans la préparation d’un désodorisant réputé naturel.
Les carpophores pelés et séchés sont encore employés par les Aïnous de Hokkaïdô comme antihydrotique pour soigner les douleurs d’estomac (MITSUHASHI, 1976).
L’agaric officinal se développe principalement sur les troncs de mélèze, mais il connu également sur Pinus, Abies, Cedrus. On le rencontre dans les forêts alpines, les montagnes de l’Europe méridionales et du Proche-Orient, les forêts sibériennes, et vraisemblablement aussi au Japon et en Amérique du Nord. Selon RYVARDEN (1976), l’espèce n’existerait pas en Fennoscandie. Du temps de DIOSCORIDE, l’agaric officinal croissait en Sarmatie, une ancienne région de Russie (BULLER, op. cit.).
L’agaric officinal semble rare dans ses stations et MARCHAND (1975, p. 262) raconte qu’il y a un demi-siècle, les carpophores se montraient de si bonne vente dans les officines, que les montagnards tenaient secrètes les stations et que les arbres porteurs étaient très surveillés !
Aujourd’hui, l’usage des polypores est tombé en désuétude presque partout ; tout au plus HEIM (1969) signale encore son utilisation en Russie septentrionale et YOKOHAMA (1975) son usage médicinal par les Aïnous qui le nomment Skiu-karush (champignon amer) ou Kiu-kurush, de kiu, le mélèze des Kouriles (Larix dahulica var. japonica), c’est-à-dire le champignon du mélèze. BRAUN (1968) le signale cependant encore dans un ouvrage destiné aux médecins et pharmaciens. Tandis que VOORHOEVE (1965) fait état de l’utilisation de Boletus laricis ( = Agaricum officinale) dans son traité pratique d’homéopathie.
Traitement de la fièvre, de l’asthme, Contient de l’agaricine.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=Laricifomes+Officinalis